vendredi 23 août 2013

EN 2013, L'EAU ET L’ÉLECTRICITÉ RESTENT UN LUXE AU MALI

AU PIED DE LA LETTRE (n°43) _ EN 2013, L'EAU ET L’ÉLECTRICITÉ RESTENT UN LUXE AU MALI
Nous sommes en 2013 et l’électricité reste un luxe chez moi au Mali. Ce problème existe, presque, dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. Les jeunes de Mopti viennent de remporter une bataille et non la guerre. Il a fallu que les jeunes marchent sous la pluie pour que les autorités régionales sortent du coma et contactent urgemment Bamako. Ils avaient intérêt, car toutes ça pouvait dégénérer au pire.


Malheureusement, les populations de Mopti, la Venise Malienne ne sont pas les seules dans cette misère. N’eût été, le groupe électrogène de mon service, ce billet ne serait pas écrit. Nous sommes tous dans la même galère ! Et il est temps qu’on pense aux énergies renouvelables pour avoir la paix.

Les correspondants de l’AMAP (Agence malienne de presse et publicité) à Mopti et Koro relatent le problème avec un détail qui frise l’indignation. Je vous propose quelques passages de leurs écrits. « C’est pour protester contre les coupures d’électricité que des gens ont donc investi la rue mardi et mercredi. Les marcheurs essentiellement constitués de jeunes voulaient qu’on leur explique les raisons des multiples coupures. La marche de mercredi a pris le départ sur terrain scolaire de Gangal avec comme destination la direction régionale d’EDM. Et les rangs des manifestants grossissaient au fur et à mesure de leur progression.
Parvenue à la Place des martyrs (ancienne Place de Sévaré), la marée de marcheurs a été stoppée par les forces de l’ordre. C’est donc là, que les manifestants ont érigé des barricades pour bloquer la circulation.

Un autre facteur que les organisateurs de la marche n’avaient sans doute pas pris en compte est la météo. En effet, aux environs de 10 heures, un vent violent a soufflé sur la ville. Du coup la majorité des manifestants s’est dispersée. Malgré les intempéries, les plus déterminés sont restés sur la place. Parmi ceux-ci, Moussa Cissé un menuisier métallique. L’on peut comprendre aisément la colère et le désespoir de celui-ci dont l’activité professionnelle est essentiellement liée à l’électricité. Il faisait naturellement partie des meneurs de la marche. Torse nu, un pneu usé en main, il encourageait ses camarades à renforcer la barricade érigée. « J’ai perdu trop de marchés à cause des délestages. L’électricité ne doit plus être un luxe. C’est un outil de travail. Que peut-on faire aujourd’hui dans une ville sans électricité ? », interpelle l’homme visiblement exaspéré »

À Koro, toujours dans la même région de Mopti,   c’est le même problème : « les coupures d’eau sont de plus en plus fréquentes à Koro. Même l’hivernage n’y a rien changé.  Beaucoup d’habitants de la ville se servent donc de l’eau des puits traditionnels dont la qualité est plus que douteuse ».  Nous comptons sur IBK pour que ces problèmes soient de vieux souvenirs. Loin derrière nous. Sinon ,dô kèlè ten sah, (y’en a marre !).


Ganadougou Diarrakè

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