AU PIED DE LA LETTRE (n°43) _ EN 2013, L'EAU ET L’ÉLECTRICITÉ
RESTENT UN LUXE AU MALI
Nous sommes en 2013 et l’électricité reste un luxe chez moi
au Mali. Ce problème existe, presque, dans tous les pays de l’Afrique de
l’Ouest. Les jeunes de Mopti viennent de remporter une bataille et non la
guerre. Il a fallu que les jeunes marchent sous la pluie pour que les autorités
régionales sortent du coma et contactent urgemment Bamako. Ils avaient intérêt,
car toutes ça pouvait dégénérer au pire.
Malheureusement, les populations de Mopti, la Venise
Malienne ne sont pas les seules dans cette misère. N’eût été, le groupe
électrogène de mon service, ce billet ne serait pas écrit. Nous sommes tous dans
la même galère ! Et il est temps qu’on pense aux énergies renouvelables
pour avoir la paix.
Les correspondants de l’AMAP (Agence malienne de presse et publicité)
à Mopti et Koro relatent le problème avec un détail qui frise l’indignation. Je
vous propose quelques passages de leurs écrits. « C’est pour protester
contre les coupures d’électricité que des gens ont donc investi la rue mardi et
mercredi. Les marcheurs essentiellement constitués de jeunes voulaient qu’on
leur explique les raisons des multiples coupures. La marche de mercredi a pris
le départ sur terrain scolaire de Gangal avec comme destination la direction
régionale d’EDM. Et les rangs des manifestants grossissaient au fur et à mesure
de leur progression.
Parvenue à la Place des martyrs (ancienne Place de Sévaré),
la marée de marcheurs a été stoppée par les forces de l’ordre. C’est donc là,
que les manifestants ont érigé des barricades pour bloquer la circulation.
Un autre facteur que les organisateurs de la marche n’avaient
sans doute pas pris en compte est la météo. En effet, aux environs de 10
heures, un vent violent a soufflé sur la ville. Du coup la majorité des
manifestants s’est dispersée. Malgré les intempéries, les plus déterminés sont
restés sur la place. Parmi ceux-ci, Moussa Cissé un menuisier métallique. L’on
peut comprendre aisément la colère et le désespoir de celui-ci dont l’activité
professionnelle est essentiellement liée à l’électricité. Il faisait
naturellement partie des meneurs de la marche. Torse nu, un pneu usé en main,
il encourageait ses camarades à renforcer la barricade érigée. « J’ai perdu
trop de marchés à cause des délestages. L’électricité ne doit plus être un
luxe. C’est un outil de travail. Que peut-on faire aujourd’hui dans une ville sans
électricité ? », interpelle l’homme visiblement exaspéré »
À Koro, toujours dans la même région de Mopti, c’est
le même problème : « les coupures
d’eau sont de plus en plus fréquentes à Koro. Même l’hivernage n’y a rien
changé. Beaucoup d’habitants de la ville se servent donc de l’eau des
puits traditionnels dont la qualité est plus que douteuse ». Nous comptons sur IBK pour que ces problèmes
soient de vieux souvenirs. Loin derrière nous. Sinon ,dô kèlè ten sah, (y’en a
marre !).
Ganadougou Diarrakè

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire