Kidal :
L’ARMEE MALIENNE, LA MINUSMA ET SERVAL ORGANISENT LA COORDINATION
Les commandants des
forces de la Minusma et de Serval et le chef d’Etat-major général des armées du
Mali, accompagnés par des représentants du MNLA et HCUA, Abrahim Ag Alhouseini
et Malick Ag Acherif, ont effectué une visite conjointe à Kidal en vue d’exhorter
les différentes forces présentes à la cohésion et à la coordination dans la
mise en œuvre de l’accord de Ouagadougou, annonce un communiqué de presse
envoyé par le capitaine Modibo Nama Traoré, officier des Affaires publiques de
défense et de sécurité.
En rencontrant
les forces maliennes et les unités de Serval présentes à Kidal, les généraux
Dembélé, De Saint Quentin et Kazura ont insisté sur la nécessité d’une
coordination des actions dans un cadre multinational. « Sachez que nous
évoluons dans un cadre multinational. Nous devons donc travailler en étroite
collaboration avec les forces alliées. C’est même très dangereux d’agir en
solo. Les accords signés à Ouagadougou limitent notre liberté d’action car nous
devons désormais nous conformer à la nouvelle donne introduite par ces accords.
Je ne veux plus que les membres des forces armées maliennes prennent seuls
l’initiative de patrouiller sans se référer aux commandements des forces
alliées sur le terrain, sauf dans un cas extrême, un cas de force majeure. Et
même là aussi.. », a instruit le général Dembélé à la troupe malienne
basée à Kidal.
Le général De
Saint Quentin précisera que la force Serval est dédiée à la défense de
l’intégrité du territoire national du Mali, la protection des populations et leurs
biens et la lutte contre les groupes terroristes et djihadistes.
Les généraux
Jean Bosco Kazura de la Minusma, Grégoire De Saint Quentin de Serval et
Ibrahima Dahirou Dembélé des Famas, indique le communiqué, ont rendu une visite
de courtoisie au patriarche de la communauté Ifoghas, Ibrahim Ag Intallah à son
domicile. « Dans le processus de paix et de stabilité qui est enclenché,
nous sommes conscients que vous jouez un grand rôle. Nous savons aussi que vous
prônez la paix entre tous les fils du Mali. L’ensemble des forces de la
Minusma, de Serval et de l’armée malienne présentes à Kidal est là pour
soutenir vos efforts pour la réconciliation des cœurs et des esprits et pour la
paix et la sécurité dans la région de Kidal. Nous fondons beaucoup d’espoirs sur
votre accompagnement total dans le processus », a déclaré le général
Kazura.
Le chef
d’Etat-major général des armées du Mali, le général Ibrahima Dahirou Dembélé,
soulignera pour sa part : « Ça fait honte de voir que des Maliens se
déchirent jusqu’à ce que des étrangers viennent nous réconcilier. Nous invitons
notre père à s’employer pour que la paix et la sécurité, gage de tous processus
de développement, règnent dans la région de Kidal. L’armée malienne est là pour
assurer ses missions régaliennes de sécurisation des personnes et de leurs
biens et surtout de défense de l’intégrité du territoire national contre toutes
formes de menaces venant de l’extérieur ».
Le général De
Saint Quentin a rappelé que la France est intervenue en janvier dernier pour
que le Mali retrouve la paix, la sécurité et son intégrité. « Nous avons
combattu les terroristes et les djihadistes, mais nous sommes dans une autre
phase dans laquelle l’action des forces françaises se situe dans le même esprit
qu’en janvier. Celui de favoriser le retour de la paix et la sécurité en
appuyant la Minusma, les Famas et les groupes signataires dans l’application
des termes de l’accord signé à Ouagadougou le 18 juin dernier », a-t-il
souligné.
En réponse, le
patriarche des Ifoghas résumera avec simplicité la situation : « Nous nous
sommes mis la corde au cou. Aidez nous à l’enlever. C’est mon seul message et
je pense que vous aurez compris ».
Le fils du
patriarche, Mohamed Ag Intallah, qui préside le Haut conseil pour l’unification
de l’Azawad (HCUA) relèvera : « la gestion maliano-malienne des
crises passées vaut mieux que celle des Nations unies. La Minusma est en train
de trainer les pas dans la mise en route de l’accord de Ouagadougou. Les jeunes
sont cantonnés, mais il n’existe aucun moyen de subsistance. Tant que vous ne
créez pas vite les conditions nécessaires pour les maintenir, il y aura
toujours des groupes incontrôlables qui vont se former et commettre des excès.
Cette situation va mettre en mal tout le processus de paix. Lors des crises
précédentes, une fois qu’un accord est signé avec le gouvernement malien, tous
les termes étaient appliqués aussitôt à la lettre. Tel ne semble pas être le
cas avec les autorités de la Minusma ».
Le général
Kazura, indique le communiqué de presse, assure avoir pris bonne note des
appréhensions des responsables du HCUA et MNLA. « La Minusma est en place,
il y a seulement un mois, elle est en train d’œuvrer pour créer très vite les
conditions nécessaires à la mise en route effective du processus de retour de
la paix.
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