DÉCLARATION LIMINAIRE DU CANDIDAT
MALHEUREUX AU SCRUTIN DU 28 JUILLET 2013, SOUMANA SAKO.
Le 28 Juillet 2013, le Peuple malien
était convié aux urnes pour élire son Président de la République. Les résultats
provisoires proclamés le vendredi 2 Aout 2013 indiquent un taux de
participation de 51,54%, le plus haut niveau de participation (susceptible
d’être modifié toutefois compte tenu de l’ampleur de la fraude constatée) à un
scrutin présidentiel au Mali depuis le retour de notre pays au multipartisme en
1991/1992. La présente conférence de presse a pour objet d’édifier l’opinion
publique nationale et internationale sur 1) les facteurs expliquant la
contreperformance électorale du candidat Soumana Sako ; 2) la requête en
annulation du scrutin introduite auprès de la Cour Constitutionnelle et 3) la
position du Parti par rapport à la suite du processus électoral.
A)
Du score
électoral du candidat de la CNAS-Faso Hèrè
Il ressort des résultats provisoires que le
Dr. Soumana Sako aurait obtenu le score dérisoire – et à maints égards
incompréhensible- de 0,87% des suffrages
exprimés. Avec un total de 27.210 voix
sur un peu plus de 22.000 bureaux de vote, le Candidat du Peuple n’aurait
ainsi obtenu qu’un peu plus d’une voix
par bureau de vote et n’aurait gagné que dans sa commune natale de Nyamina.
Toutefois, les observateurs avertis s’accordent à reconnaitre que le poids
électoral effectif du Dr. Soumana Sako est nettement supérieur à ce chiffre
communiqué par le Ministère de l’Intérieur et ne peut être expliqué que par une
série de divers facteurs, dont la fraude.
a)Des facteurs d’ordre politique :
En menant
campagne en faveur d’un candidat donné, une puissante coalition de forces
antidémocratiques, y compris une forte composante hostile à la laïcité de
l’Etat – principe pourtant clairement exprimé dans la Constitution- a, ipso
facto, mené campagne contre le Dr. Soumana Sako en raison de ses courageuses
prises de position contre l’intrusion des militaires et des leaders religieux
dans le champ institutionnel politique.
En outre, entre 1987 et 1991 et de Juin 1992
à la date du scrutin, le Dr. Sako a fait l’objet d’une campagne forcenée de
dénigrement et/ou de censure/ostracisme aux média publics (et beaucoup
d’organes de presse privés) par les régimes politiques successifs alors même
que ceux-là devaient magnifier ses performances remarquables en tant que
Ministre des Finances et du Commerce et en tant que Premier Ministre, Chef du
Gouvernement de Transition qui a mis en place la IIIème République. C’est même
un miracle que le Dr. Sako soit toujours présent dans le cœur de millions de
nos compatriotes qui, à juste titre, voient en lui le seul candidat porteur de
valeurs du changement et possédant le profil personnel ainsi que le cursus
professionnel, politique et international requis pour conduire victorieusement
la lutte de notre Peuple pour la justice sociale dans l’unité nationale et dans
la transparence.
b) Des facteurs d’ordre technique :
Le collège électoral convoqué aux urnes
le 28 Juillet 2013 ne comprenait que les seuls
électeurs enrôlés dans le RAVEC en 2009. Le parti du Dr. Sako n’a été
créé qu’en Mai 2011. De ce fait, beaucoup de membres et sympathisants du Parti
n’avaient pas de cartes NINA et n’ont donc pu prendre part au vote.
Le bulletin unique ayant été conçu de manière
que les photos et logos soient pratiquement
miniaturisés, de nombreux sympathisants ont fait face à de sérieuses
difficultés de reconnaissance visuelle d’un candidat censuré de longues années
par l’audiovisuel d’Etat et bon nombre de media privés à la solde de certains
candidats et partis politiques hostiles au Dr. Sako ou puisant souvent dans le
même électorat populaire. De sérieuses difficultés d’identification des bureaux
de vote par un électorat populaire largement illettré (en français et en multi
media genre sms ou Internet,etc.) ont
négativement affecté le score électoral du candidat de la CNAS-Faso Hèrè
et alliés.
La mauvaise qualité de l’encre- un fait reconnu
par le Secrétaire Général du Ministère de l’Administration Territoriale
lui-même sur le plateau de l’ORTM dans le JT du vendredi 2 Aout 2013 explique
dans une large mesure le nombre excessif de bulletins déclarés nuls. Il y a
fort à parier qu’une bonne partie des électeurs du Dr. Sako ont vu leurs votes
invalidés (plus de 403.000 bulletins nuls), et ce, d’autant plus que
l’intéressé n’avait, faute de moyens financiers suffisants ou de par
l’hostilité ouverte de certains Présidents de Bureau, pu déployer de délégués
dans la grande majorité des Bureaux de vote.
c) Des
facteurs d’ordre organisationnel :
L’impact du coup
d’Etat du 22 mars 2012 sur l’activité politique au niveau des Partis et la
campagne forcenée de forces anti démocratiques contre les partis et les hommes
politiques a sérieusement affecté l’élan que la CNAS-Faso Hèrè avait pris suite
au succès de son Congrès d’investiture de Décembre 2011.La démobilisation qui
s’en est suivie au niveau des partis même les plus anciens et les plus
densément implantés à travers le territoire national a affecté la capacité du
Parti à assurer un encadrement adéquat et une animation politique continuelle
des structures à la base, toutes choses ayant contribué à faire de bon nombre
de nos militants et sympathisants des proies faciles pour les acheteurs de
voix.
A la date du scrutin, la CNAS-Faso Hèrè
n’avait plus la plénitude de ses forces en tant que machine politique et
n’avait pas encore réussi à se transformer en machine électorale bien rôdée et
aguerrie.
S’y sont ajoutées la défaillance et
l’inefficacité des Directions nationales des Mouvements des Femmes et des
Jeunes du parti dans un pays où l’électorat est largement jeune.
En outre, dans la plupart des
circonscriptions électorales, la plateforme électorale conclue au niveau
national dans le cadre de l’ADPS élargie (Alliance des Démocrates Patriotes
pour la Sortie de crise) n’a pas bien fonctionné au niveau local.
d) Des facteurs d’ordre financier :
La campagne du Dr. Soumana Sako a
probablement été l’une des plus pauvres financièrement, avec un budget très
maigre, dont l’essentiel n’était pas
acquis à la date du 7 Juillet 2013. Ce manque de moyens financiers a
sérieusement handicapé la communication (seulement 6 panneaux publicitaires
routiers à Bamako, aucun dans les régions ; difficultés à faire assurer la
retransmission en direct de certaines activités de campagne sur les média
nationaux ou régionaux, etc.),la mobilisation (impossibilité d’organiser un
meeting géant de lancement/clôture de campagne, étant donné que le transport
est l’un des postes les plus onéreux quoique décisifs pour le succès d’un
meeting de masse ; contraintes financières sérieuses à la mobilisation des
électeurs à la base par les sections et sous-sections dans les régions ;
difficultés à assurer le transport des électeurs éloignés des bureaux de vote,
etc.) et les déplacements du candidat tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du
pays ainsi que le déploiement de délégués dans les 22.000 Bureaux de vote.
La CNAS-Faso
Hèrè et sa campagne électorale postulaient la faisabilité d’un financement de
la vie politique par les cadres et les militants eux-mêmes dans le souci d’une
appropriation populaire du Parti et d’une indépendance qui permettrait au
candidat une fois élu d’avoir les coudées franches pour mettre en œuvre son
programme de changement dans la justice sociale. L’expérience a mis à nu les limites
et les difficultés pratiques de mise en œuvre opérationnelle d’un tel concept
dans un contexte de pauvreté où l’électorat populaire, ployant sous les
difficultés de vie quotidiennes, a même de la peine à acheter la carte de
membre du Parti à 200 FCFA.
e) Des facteurs liés à la fraude systématique et à
l’achat des votes :
Le déroulement du scrutin a confirmé les
informations précises connues du staff de campagne environ une semaine avant
l’élection relatives à une machination pour faire passer un candidat dès le
premier tour. Des bulletins ‘’pré-remplis’’ ont été glissés dans les urnes
tandis que le vote manipulé sur base familiale par un certain groupe activiste
religieux ont fortement vicié l’expression libre et transparente du suffrage
populaire. Des cas de bourrage d’urnes ont été rapportés. En violation
flagrante du code électoral, des délégués du Parti se sont vu refuser l’accès à
des Bureaux de vote.
Le score quasi nord-coréen, notamment à
Bamako (où l’obtention d’un score de plus ou moins 70% dans chacune des six
communes de la capitale est statistiquement suspecte) attribué au candidat
arrivé en tête dans les résultats provisoires proclamés par le Ministère de
l’Administration Territoriale ainsi que l’écart astronomique d’avec les
poursuivants immédiats sont sans commune mesure avec ce que l’on savait du
niveau d’implantation de son Parti et des autres partis affiliés à la veille du
scrutin, en dépit des efforts extraordinaires de conditionnement de l’opinion
déployés en sa faveur par des forces sociales dont l’attachement aux valeurs
républicaines reste à démontrer. Soit dit en passant, c’est ce score irréaliste
qui explique, en partie, la faiblesse des scores relatifs des autres candidats.
Dans plusieurs localités, des électeurs,
voire des structures de base de la CNAS-Faso Hèrè et de certains partis et
mouvements associés ainsi que des organisations entières acquis au candidat de
la CNAS-Faso Hèrè ont été ‘’achetés’’ par des candidats financièrement mieux
nantis. Tout se passait comme si, en vertu d’une sous-traitance gratuite, la
CNAS-Faso Hèrè était chargée de mobiliser l’électorat pour ‘’achat’’ par (et
non pour vente à) des candidats plus riches mais dépourvus de base organisationnelle
réelle.
Au total, si les urnes ont parlé, elles
l’ont fait sur un registre fortement teinté par l’argent et les libéralités,
toutes choses bannies par la loi. Faut-il en déduire que beaucoup d’électeurs
n’ont pas encore compris que c’est le règne de l’argent facile, donc de la
corruption, qui est fondamentalement à la base de la crise multidimensionnelle
que traverse notre pays ? La question mérite d’être posée, ainsi
d’ailleurs qu’aux forces politiques et sociales qui se comportent comme si
‘’elles n’avaient rien appris et rien oublié’’ des évènements douloureux qui
agitent notre pays et entravent sa marche vers le progrès économique et social
et la refondation de son système démocratique.
B)
Du recours en
annulation du scrutin introduit auprès de la Cour Constitutionnelle
Conformément à la loi et aux procédures
en vigueur, le Staff de campagne a saisi la Cour Constitutionnelle d’une
requête visant à un examen des bulletins déclarés nuls et, in fine, à une
annulation du scrutin du 28 Juillet pour fraude massive organisée et violations
graves de la loi électorale. La requête a été déposée à la Cour
Constitutionnelle le dimanche 4 Aout 2013 dans le délai de 48h suivant la
proclamation des résultats provisoires par le Ministre de l’Administration
Territoriale. En usant de voies de recours prévues et autorisées par la loi, le
Staff de campagne du Dr. Soumana Sako confirme son attachement à la démocratie
et à l’Etat de droit.
Le Staff de campagne estime que les
conséquences pour la démocratie et la paix sociale d’une annulation et d’une
reprise du scrutin présidentiel sont, à terme, moins graves que celles pouvant
découler de l’élection d’un Président par la fraude organisée et l’achat à
grande échelle des votes.
C)
Des consignes du Staff de campagne pour la suite du
processus électoral
En harmonie avec les valeurs républicaines, le Staff de campagne du
candidat de la CNAS-Faso Hèrè et alliés
attend le verdict de la Cour Constitutionnelle avant de donner, s’il y a lieu,
d’éventuelles consignes pour la suite du processus électoral. Le cas échéant, Il
le fera en toute indépendance et en toute responsabilité, en n’ayant à l’esprit
que l’intérêt supérieur du Peuple, conscient qu’il est de l’impérieuse
nécessité d’assurer, entre autres, le retour complet et sans subterfuge à
l’intégrité territoriale et à la concorde nationale, la sauvegarde de la
laïcité de l’Etat, la refondation démocratique et le changement dans la justice
sociale, le réarmement matériel, moral et républicain de nos Forces Armées et
de Sécurité, la recherche de solutions durables à la crise de l’école et de
l’emploi, la libération économique, politique et sociale de la femme,
l’éradication de la grande et petite corruption, la gestion transparente des
ressources publiques et le développement économique et social équilibré de
toutes les régions du Mali en coopération avec le reste du monde et en harmonie
avec nos valeurs positives de société comme seul gage d’une paix sociale durable.
Au delà
du score électoral apparent, le candidat Soumana Sako a un poids politique non
négligeable pouvant peser sur le cours des évènements. C’est le lieu de dire,
ici et maintenant, qu’il n’a rendu visite à aucun autre candidat, et ce ni à
domicile ni ailleurs, mais qu’il respecte tous ceux qui ont brigué le
suffrage du Peuple. C’est le lieu de rappeler, enfin, que les parrainages
requis par la loi qu’il a sollicités et obtenus de trois partis politiques
n’impliquent aucune contrepartie politique.
Le Dr.
Soumana Sako et son Staff de campagne remercie vivement tous les compatriotes
de bonne volonté, de l’intérieur comme de la diaspora qui, résistant fièrement
aux chants de sirène des puissances d’argent et à la campagne d’intoxication
des forces anti démocratiques, ont accordé leurs suffrages au candidat du
Peuple, réaffirmant ainsi leur détermination à poursuivre inlassablement
jusqu’à la victoire finale la lutte des forces progressistes et patriotiques
pour le renouveau démocratique, la justice sociale et le progrès.
Bamako, le 6
Aout 2013
Le Directeur
du Staff de Campagne
Dr. Gagny Timbo
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