mardi 6 août 2013

DÉCLARATION LIMINAIRE DU CANDIDAT MALHEUREUX AU SCRUTIN DU 28 JUILLET 2013, SOUMANA SAKO.


Le 28 Juillet 2013, le Peuple malien était convié aux urnes pour élire son Président de la République. Les résultats provisoires proclamés le vendredi 2 Aout 2013 indiquent un taux de participation de 51,54%, le plus haut niveau de participation (susceptible d’être modifié toutefois compte tenu de l’ampleur de la fraude constatée) à un scrutin présidentiel au Mali depuis le retour de notre pays au multipartisme en 1991/1992. La présente conférence de presse a pour objet d’édifier l’opinion publique nationale et internationale sur 1) les facteurs expliquant la contreperformance électorale du candidat Soumana Sako ; 2) la requête en annulation du scrutin introduite auprès de la Cour Constitutionnelle et 3) la position du Parti par rapport à la suite du processus électoral.
A)     Du score électoral du candidat de la CNAS-Faso Hèrè
    Il ressort des résultats provisoires que le Dr. Soumana Sako aurait obtenu le score dérisoire – et à maints égards incompréhensible-  de 0,87% des suffrages exprimés. Avec un total de  27.210 voix sur un peu plus de 22.000 bureaux de vote, le Candidat du Peuple n’aurait ainsi  obtenu qu’un peu plus d’une voix par bureau de vote et n’aurait gagné que dans sa commune natale de Nyamina. Toutefois, les observateurs avertis s’accordent à reconnaitre que le poids électoral effectif du Dr. Soumana Sako est nettement supérieur à ce chiffre communiqué par le Ministère de l’Intérieur et ne peut être expliqué que par une série de divers facteurs, dont la fraude.
a)Des facteurs d’ordre politique :
        En menant campagne en faveur d’un candidat donné, une puissante coalition de forces antidémocratiques, y compris une forte composante hostile à la laïcité de l’Etat – principe pourtant clairement exprimé dans la Constitution- a, ipso facto, mené campagne contre le Dr. Soumana Sako en raison de ses courageuses prises de position contre l’intrusion des militaires et des leaders religieux dans le champ institutionnel politique.
   En outre, entre 1987 et 1991 et de Juin 1992 à la date du scrutin, le Dr. Sako a fait l’objet d’une campagne forcenée de dénigrement et/ou de censure/ostracisme aux média publics (et beaucoup d’organes de presse privés) par les régimes politiques successifs alors même que ceux-là devaient magnifier ses performances remarquables en tant que Ministre des Finances et du Commerce et en tant que Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition qui a mis en place la IIIème République. C’est même un miracle que le Dr. Sako soit toujours présent dans le cœur de millions de nos compatriotes qui, à juste titre, voient en lui le seul candidat porteur de valeurs du changement et possédant le profil personnel ainsi que le cursus professionnel, politique et international requis pour conduire victorieusement la lutte de notre Peuple pour la justice sociale dans l’unité nationale et dans la transparence.
b) Des facteurs d’ordre technique :
        Le collège électoral convoqué aux urnes le 28 Juillet 2013 ne comprenait que les seuls  électeurs enrôlés dans le RAVEC en 2009. Le parti du Dr. Sako n’a été créé qu’en Mai 2011. De ce fait, beaucoup de membres et sympathisants du Parti n’avaient pas de cartes NINA et n’ont donc pu prendre part au vote.
 Le bulletin unique ayant été conçu de manière que les photos et logos soient pratiquement  miniaturisés, de nombreux sympathisants ont fait face à de sérieuses difficultés de reconnaissance visuelle d’un candidat censuré de longues années par l’audiovisuel d’Etat et bon nombre de media privés à la solde de certains candidats et partis politiques hostiles au Dr. Sako ou puisant souvent dans le même électorat populaire. De sérieuses difficultés d’identification des bureaux de vote par un électorat populaire largement illettré (en français et en multi media genre sms ou Internet,etc.) ont  négativement affecté le score électoral du candidat de la CNAS-Faso Hèrè et alliés.
   La mauvaise qualité de l’encre- un fait reconnu par le Secrétaire Général du Ministère de l’Administration Territoriale lui-même sur le plateau de l’ORTM dans le JT du vendredi 2 Aout 2013 explique dans une large mesure le nombre excessif de bulletins déclarés nuls. Il y a fort à parier qu’une bonne partie des électeurs du Dr. Sako ont vu leurs votes invalidés (plus de 403.000 bulletins nuls), et ce, d’autant plus que l’intéressé n’avait, faute de moyens financiers suffisants ou de par l’hostilité ouverte de certains Présidents de Bureau, pu déployer de délégués dans la grande majorité des Bureaux de vote.  
  c) Des facteurs d’ordre organisationnel :
        L’impact du coup d’Etat du 22 mars 2012 sur l’activité politique au niveau des Partis et la campagne forcenée de forces anti démocratiques contre les partis et les hommes politiques a sérieusement affecté l’élan que la CNAS-Faso Hèrè avait pris suite au succès de son Congrès d’investiture de Décembre 2011.La démobilisation qui s’en est suivie au niveau des partis même les plus anciens et les plus densément implantés à travers le territoire national a affecté la capacité du Parti à assurer un encadrement adéquat et une animation politique continuelle des structures à la base, toutes choses ayant contribué à faire de bon nombre de nos militants et sympathisants des proies faciles pour les acheteurs de voix.
      A la date du scrutin, la CNAS-Faso Hèrè n’avait plus la plénitude de ses forces en tant que machine politique et n’avait pas encore réussi à se transformer en machine électorale bien rôdée et aguerrie.
       S’y sont ajoutées la défaillance et l’inefficacité des Directions nationales des Mouvements des Femmes et des Jeunes du parti dans un pays où l’électorat est largement jeune.
  En outre, dans la plupart des circonscriptions électorales, la plateforme électorale conclue au niveau national dans le cadre de l’ADPS élargie (Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise) n’a pas bien fonctionné au niveau local.
d) Des facteurs d’ordre financier :
       La campagne du Dr. Soumana Sako a probablement été l’une des plus pauvres financièrement, avec un budget très maigre, dont l’essentiel n’était  pas acquis à la date du 7 Juillet 2013. Ce manque de moyens financiers a sérieusement handicapé la communication (seulement 6 panneaux publicitaires routiers à Bamako, aucun dans les régions ; difficultés à faire assurer la retransmission en direct de certaines activités de campagne sur les média nationaux ou régionaux, etc.),la mobilisation (impossibilité d’organiser un meeting géant de lancement/clôture de campagne, étant donné que le transport est l’un des postes les plus onéreux quoique décisifs pour le succès d’un meeting de masse ; contraintes financières sérieuses à la mobilisation des électeurs à la base par les sections et sous-sections dans les régions ; difficultés à assurer le transport des électeurs éloignés des bureaux de vote, etc.) et les déplacements du candidat tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ainsi que le déploiement de délégués dans les 22.000 Bureaux de vote.
La CNAS-Faso Hèrè et sa campagne électorale postulaient la faisabilité d’un financement de la vie politique par les cadres et les militants eux-mêmes dans le souci d’une appropriation populaire du Parti et d’une indépendance qui permettrait au candidat une fois élu d’avoir les coudées franches pour mettre en œuvre son programme de changement dans la justice sociale. L’expérience a mis à nu les limites et les difficultés pratiques de mise en œuvre opérationnelle d’un tel concept dans un contexte de pauvreté où l’électorat populaire, ployant sous les difficultés de vie quotidiennes, a même de la peine à acheter la carte de membre du Parti à 200 FCFA.
e) Des facteurs liés à la fraude systématique et à l’achat des votes :
      Le déroulement du scrutin a confirmé les informations précises connues du staff de campagne environ une semaine avant l’élection relatives à une machination pour faire passer un candidat dès le premier tour. Des bulletins ‘’pré-remplis’’ ont été glissés dans les urnes tandis que le vote manipulé sur base familiale par un certain groupe activiste religieux ont fortement vicié l’expression libre et transparente du suffrage populaire. Des cas de bourrage d’urnes ont été rapportés. En violation flagrante du code électoral, des délégués du Parti se sont vu refuser l’accès à des Bureaux de vote.  
  Le score quasi nord-coréen, notamment à Bamako (où l’obtention d’un score de plus ou moins 70% dans chacune des six communes de la capitale est statistiquement suspecte) attribué au candidat arrivé en tête dans les résultats provisoires proclamés par le Ministère de l’Administration Territoriale ainsi que l’écart astronomique d’avec les poursuivants immédiats sont sans commune mesure avec ce que l’on savait du niveau d’implantation de son Parti et des autres partis affiliés à la veille du scrutin, en dépit des efforts extraordinaires de conditionnement de l’opinion déployés en sa faveur par des forces sociales dont l’attachement aux valeurs républicaines reste à démontrer. Soit dit en passant, c’est ce score irréaliste qui explique, en partie, la faiblesse des scores relatifs des autres candidats.
   Dans plusieurs localités, des électeurs, voire des structures de base de la CNAS-Faso Hèrè et de certains partis et mouvements associés ainsi que des organisations entières acquis au candidat de la CNAS-Faso Hèrè ont été ‘’achetés’’ par des candidats financièrement mieux nantis. Tout se passait comme si, en vertu d’une sous-traitance gratuite, la CNAS-Faso Hèrè était chargée de mobiliser l’électorat pour ‘’achat’’ par (et non pour vente à) des candidats plus riches mais dépourvus de base organisationnelle réelle.
      Au total, si les urnes ont parlé, elles l’ont fait sur un registre fortement teinté par l’argent et les libéralités, toutes choses bannies par la loi. Faut-il en déduire que beaucoup d’électeurs n’ont pas encore compris que c’est le règne de l’argent facile, donc de la corruption, qui est fondamentalement à la base de la crise multidimensionnelle que traverse notre pays ? La question mérite d’être posée, ainsi d’ailleurs qu’aux forces politiques et sociales qui se comportent comme si ‘’elles n’avaient rien appris et rien oublié’’ des évènements douloureux qui agitent notre pays et entravent sa marche vers le progrès économique et social et la refondation de son système démocratique.
B)     Du recours en annulation du scrutin introduit auprès de la Cour Constitutionnelle
 Conformément à la loi et aux procédures en vigueur, le Staff de campagne a saisi la Cour Constitutionnelle d’une requête visant à un examen des bulletins déclarés nuls et, in fine, à une annulation du scrutin du 28 Juillet pour fraude massive organisée et violations graves de la loi électorale. La requête a été déposée à la Cour Constitutionnelle le dimanche 4 Aout 2013 dans le délai de 48h suivant la proclamation des résultats provisoires par le Ministre de l’Administration Territoriale. En usant de voies de recours prévues et autorisées par la loi, le Staff de campagne du Dr. Soumana Sako confirme son attachement à la démocratie et à l’Etat de droit.
  Le Staff de campagne estime que les conséquences pour la démocratie et la paix sociale d’une annulation et d’une reprise du scrutin présidentiel sont, à terme, moins graves que celles pouvant découler de l’élection d’un Président par la fraude organisée et l’achat à grande échelle des votes.
C)   Des consignes du Staff de campagne pour la suite du processus électoral
 En harmonie avec les valeurs républicaines, le Staff de campagne du candidat de la CNAS-Faso Hèrè et alliés attend le verdict de la Cour Constitutionnelle avant de donner, s’il y a lieu, d’éventuelles consignes pour la suite du processus électoral. Le cas échéant, Il le fera en toute indépendance et en toute responsabilité, en n’ayant à l’esprit que l’intérêt supérieur du Peuple, conscient qu’il est de l’impérieuse nécessité d’assurer, entre autres, le retour complet et sans subterfuge à l’intégrité territoriale et à la concorde nationale, la sauvegarde de la laïcité de l’Etat, la refondation démocratique et le changement dans la justice sociale, le réarmement matériel, moral et républicain de nos Forces Armées et de Sécurité, la recherche de solutions durables à la crise de l’école et de l’emploi, la libération économique, politique et sociale de la femme, l’éradication de la grande et petite corruption, la gestion transparente des ressources publiques et le développement économique et social équilibré de toutes les régions du Mali en coopération avec le reste du monde et en harmonie avec nos valeurs positives de société comme seul gage d’une paix sociale durable.

Au delà du score électoral apparent, le candidat Soumana Sako a un poids politique non négligeable pouvant peser sur le cours des évènements. C’est le lieu de dire, ici et maintenant, qu’il n’a rendu visite à aucun autre candidat, et ce ni à domicile ni ailleurs,  mais  qu’il respecte tous ceux qui ont brigué le suffrage du Peuple. C’est le lieu de rappeler, enfin, que les parrainages requis par la loi qu’il a sollicités et obtenus de trois partis politiques n’impliquent aucune contrepartie politique.

Le Dr. Soumana Sako et son Staff de campagne remercie vivement tous les compatriotes de bonne volonté, de l’intérieur comme de la diaspora qui, résistant fièrement aux chants de sirène des puissances d’argent et à la campagne d’intoxication des forces anti démocratiques, ont accordé leurs suffrages au candidat du Peuple, réaffirmant ainsi leur détermination à poursuivre inlassablement jusqu’à la victoire finale la lutte des forces progressistes et patriotiques pour le renouveau démocratique, la justice sociale et le progrès.
                                  Bamako, le 6 Aout 2013
                                  Le Directeur du Staff de Campagne
           
   
                                           Dr. Gagny Timbo


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